Mise à jour le 5 septembre
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Jeudi 21 septembre 2017 08:41 (Paris)

Smoye Noisy : Le privilège de jouer les rôles sympathiques sur grand écran

Rencontre dans le cadre du Festival International du Film Haïtien avec l’acteur Smoye Noisy Édition 2006

« La sympathie d’une femme pour un acteur n’est pas forcément une démarche déloyale, infidèle. Il faut voir les choses avec un esprit plus ouvert. »

Par Marie Flore Domond

Les deux interprètes du premier rôle masculin et féminin

Une scène du film : LE MIRACLE DE LA FOI

Ginoue Mondésir et Smoye Noisy

Q. Jusqu’à présent, on vous a vu dans des drames sociaux, et sentimentaux. A quand un film de suspense, une comédie absurde et pourquoi pas un film d’horreur ?

R. C’est surtout au hasard des propositions que cela se décide, On nous propose un rôle qui répond à vos attentes et à vos critères. Je n’ai aucune objection à cela. Cependant, Je suis tenté beaucoup plus par la « comédie » que par « l’horreur » que nous vivons déjà au jour le jour en Haïti.

Q. Lorsque vous êtes dans la peau d’un acteur, vous sentez-vous en plein contrôle face à un confrère journaliste ou bien fébrile en raison du rôle inversé ?

R. Je ne suis pas seulement journaliste, je suis aussi homme de théâtre. Disons que j’ai été également homme de théâtre, et les deux pour moi ne se mélangent pas. Quand je suis acteur, je m’occupe de jouer à ma préoccupation première qui est de bien remplir le rôle assigné. J’oublie tout ce qui rode autour et qui n’a pas rapport avec ma mission. C’est comme une sorte de transe, je deviens le personnage durant le temps de tournage.

Q. Quel lien existe-il d’après vous entre votre occupation d’acteur, de journaliste de publiciste et de scénariste ? Et comment faites-vous pour les concilier ?

R. Je ne pense pas qu’il existe de liens entre eux. Chacun de ces éléments reste dans sa sphère pour ce qui me concerne, d’autant que je me sens beaucoup mieux dans la peau de l’acteur. Et tant qu’à choisir entre les trois, je pense que mon cœur balancerait sans sourciller du côté de l’acteur pour la simple et bonne et raison qu’on peut les combiner tous en tant qu’acteur. L’acteur peut être tout ce qu’il veut dans la vie, c’est la manière la plus complète et peut être la plus persuasive de faire passer des messages. L’information du journaliste peut être véhiculée par l’acteur, aussi bien que le message du publiciste.

Q. Pensez-vous pouvoir incarner des personnages méchants ou perfides avec autant d’aisance ?

R. Au niveau du cinéma, je pense que tout reste possible. Il faut même surprendre parfois ; mais à vrai dire, l’intérêt que je porte à jouer des rôles sympathiques me bloqueraient un peu. Mais à bien y penser, pourquoi pas, si le scénario est intelligent et justifie la méchanceté et la perfidie du personnage ! Je pense qu’être un bon acteur, ce n’est pas se confiner à des lieux communs, mais c’est de pouvoir explorer dans un large éventail d’une extrémité à l’autre.

Q. Au niveau des cotes de l’estime du grand public, on peut évaluer que vous êtes à un cran derrière Réginal Lubin. Quels sont les facteurs selon vous qui attirent cette foule sentimentale après vous ?

R. J’ai commencé mon aventure cinématographique, il y a 14 ans, grâce à Jean Gardy bien Aimé avec LE CAP À LA UNE. Cette réalisation a été le premier film qui a vraiment lancé le cinéma haïtien sur support vidéo. Mais avant, j’ai travaillé à la radio comme animateur interprète et journaliste. Je pense qu’une bonne partie du public me connaissait déjà à travers mes émissions radiophoniques. Ce n’était pas difficile, la sympathie du public a commencé à se manifester depuis cette période et elle a continué avec mes rôles au cinéma.

Q. La plupart des femmes vous considèrent comme des modèles presque parfaits qui pénètrent comme par magie dans leur foyer. Vous arrive-t-il d’imaginer que certains hommes peuvent vous trouver menaçants même au niveau de l’imaginaire ?

R. Je n’irais même pas jusqu’à l’imaginaire, je resterai dans la réalité. C’est clair qu’il y a des hommes qui peuvent nous considérer comme des menaces. Personnellement, je n’en tiens pas compte et je les rassurerais bien vite en leur disant qu’on n’a pas que l’estime de la gent féminine, il y a aussi des hommes qui apprécient le travail que nous faisons et qui nous encouragent. La sympathie d’une femme pour un acteur n’est pas forcément une démarche déloyale, infidèle. Il faut voir les choses avec un esprit plus ouvert.

Je reçois par exemple, des compliments de toutes sortes de personnes : des hommes, des femmes, des enfants, des personnes âgées et de toutes les confessions catholiques, protestantes, adventistes et témoins de Jéhovah qui se retrouvent dans les personnages que j’incarne.

Q. Le cinéma haïtien a fait un impressionnant bon, c’est un fait. A présent, que manque- t-il aux artisans pour pouvoir franchir le marché international, selon vous ?

R. J’allais dire que ce qui manque au cinéma haitien est peut être ce qui manque à Haïti pour qu’elle soit un pays de référence. Mais je crois que je me tromperais, car en dépit du manque et en dépit de toutes ses faiblesses, notre cinéma a réussi à s’imposer. Tandis que c’est le contraire pour d’autres pays où on peut investir beaucoup mais en ayant très peu de résultat.

Je crois que ce qui manque au cinéma haïtien ce sont les moyens techniques. Ce n’est pas l’imagination qui fait défaut. Et ce ne sont pas les talents qui manquent. Tout est là, à l’état brut. Il suffit de polir un peu.

Q. Comment trouvez-vous le public montréalais par rapport au public en Haïti ?

R. Très concerné, très chaleureux, plus condescendant.

Q. Quelle est votre plus belle expérience d’acteur ? Que retenez-vous de moins agréable sur un plateau de tournage ?

R. En tant qu’acteur, je n’ai pas de mauvais souvenirs, ou du moins, je les ai tous oublié pour ne garder que les bons. Je crois que mes plus beaux moments, je les ai vécus au Cap Haïtien lors du tournage du film : LE CAP À LA UNE, à l’hôtel Mont Joly et lors de la grande première de MILLIONNAIRE PAR ERREUR à Tara et aussi quand un ami m’a appris qu’il a vu le film sur un vol american airlines assurant le trajet New York.

Q. Pour le cinéma haïtien, Ginoue Mondésir est une perte inestimable. Comment avez-vous réagi quand vous avez appris la nouvelle ?

R. C’était une nouvelle renversante. Je n’ai pas voulu y croire. J’étais bouleversé et j’ai vécu cela avec d’autres membres de la communauté comme une vraie tragédie. Je l’ai rencontrée grâce AU MIRACLE DE LA FOI. Mais avant, j’avais l’habitude de la voir à la télé où elle animait une émission. Elle était d’une beauté qui ne passait pas inaperçue. Le diable s’est servi de la main d’un homme pour la soustraire à notre cinéma. Elle aurait pu faire une longue carrière. Elle avait plein de projets. C’était une fille pleine de vie. Bref, sa disparition dans les conditions que l’on sait a bouleversé, secoué tout le monde. Son assassinat est une vraie injustice.

Cap à la une : cérémonie de mariage




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