Mise à jour le 22 juin
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Samedi 24 juin 2017 03:44 (Paris)

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Et le spectacle continue !

Michael Jackson est mort. Que n’a-t-on pas dit sur ce roi de la musique pop ? Ce « lutin androgyne » et « icône de notre angoissante modernité ». L’artiste qui a fait danser et chanter plusieurs générations a incarné la mondialisation de la culture inter-communautaire à l’américaine. Dès « Jackson Five » qui ont fait danser toute la planète avec des tubes comme « I’ll Be There » au « We are the World », chanson réalisée avec d’autres artistes et dédiée aux victimes de la faim en Ethiopie. Le chanteur « adulescent » qui n’a jamais grandi charriait dans sa musique sans frontière une certaine idée du monde, une sensibilité à fleur de mots, terre d’élection de tous les extrêmes.

Par Roody Edme

J’ai vu un soir du 2 Novembre, dans la fraicheur tropicale des mornes de Kenscoff, un guédé réalisé le fameux pas à reculons, ce qui me laissa perplexe sur l’origine de cette influence. Qui donc pouvait avoir imité l’autre ? Etait-ce une connexion mystique ou simplement cathodique entre notre guédé et le jeune prodige américain. Michael Jackson était « l’évènement culturel » le plus médiatisé des temps modernes et à écouter chacune de ses chansons on refait quelque peu l’histoire des jeunesses du monde pendant un demi-siècle.

Sa vie ballotée entre les sommets et les abysses est un manège étourdissant qui fait tourner les têtes, fascine et révulse et donne raison à l’autre qui disait que la « beauté est une fleur du mal ». Entre ceux qui l’adulent et lui pardonnent tout et ceux qui dans leur certitude le voue aux gémonies et souhaitent donc qu’il aille chanter en enfer. La vérité doit être quelque part, entre les deux et peut-être a-t-il déjà connu l’enfer, ce monstre sacré qui voulut rendre réel le petit monde de Peter Pan jusqu’à vouloir jouer « au docteur » avec des enfants dans son ranch mythique.

Michael, prince de la musique pop et victime glorieuse de la star system. Michael, « ange » et « démon » ou « extra-terrestre » est incontestablement une créature hybride qui est entré désormais dans l’éternité. Un machin façonné par un monde implacable et un père redoutable, « an american hero » à la vie controversée et qui emporte avec lui dans « son lieu de vérité » les clefs qui auraient permis de comprendre une existence pleine de mystères et surtout un homme désespérément seul dans la foule.

Celui qui fut « l’empereur du Vinyle » et qui a révolutionné le show Biz a électrisé les jeunes du monde entier avant de devenir une sorte de Frankestein dont la peau martyrisée reflétait ses souffrances mentales. « Un gamin génial broyé par la machine à fric » écrivit un lecteur du Monde.

A l’annonce de sa mort, les machines à sous de tous les casinos du Monde ont fait « jackpot » et l’industrie du spectacle se frotte les mains et se prépare à rejouer sur un autre registre son fameux tube vidéo du « mort vivant » ou son visage se métamorphose en celui d’un squelette. « yo déjà pran zonbi Michael » ! Mais sa musique et sa danse rappelant selon Martin Scorcese « le mercure en mouvement » ne s’arrêteront jamais.






BÔ KAY NOU


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