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Mercredi 22 novembre 2017 15:45 (Paris)

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PAROLES

Poême de Saint-John Kauss
à Jeanie Bogart

« Élever plus haut notre éternelle chanson
dans le moule silencieux des moments vécus.
 » (Pablo Neruda, Cahiers de Temuco)

Dix mille
se lèvent comme un seul homme et pourtant la vie est une chimère insoupçonnée de l’insoumise qui s’interdit dans la poussière étoilée

vingt mille se lèvent pour dire à la chair immobile la marche des dieux pèlerins l’impatience des prédateurs ou l’attente d’un immigrant démesurée

cent mille se glissent dans l’ombre dérisoire où la tige avide et maigre n’a pas d’avenirs
où le soleil cabossé termine sa giration amoureuse
où le cœur n’a pas sa raison d’être attentif et furieux

que passe dans le vent la faim la soif la liberté
aux vœux de voyage formulés à chaque rendez-vous de poète gâté au premier cri du geai impérieux
le rappel instantané de l’abandon

car ces élégies dites dans les mouvements de femmes aux corps d’acrobate
de la hanche aux gestes de perdrix bouleversé par la gourmandise des seins si solidement attachés au thorax de ton rivage

fille sauvage
parmi les brunes
étincelles du poète agité
de tant de gestes de dromadaire

deux mains joyeuses d’une étrangère
ma Reine
de sa bouche et de celle qui accompagne ce fragment de mon corps de coupe anonyme qui est vie
vivante verge des soirs atomisés
captive dans la poursuite de l’oiseau migrateur sous verrous

il est écrit que les hommes et les villes n’aiment pas les cicatrices
minuscules au friselis d’un cœur joyeux
et la mue du jeune aubier au remuement de la terre ferme
amant des territoires de l’espace des solitudes

deux doigts d’une main étrangère à honorer sa bouche osseuse de chair des tribus des peuples à tout casser comme des filles de joie en cours de création

tombes d’eau et de chants où les poètes ne parlent plus dans la respiration des belettes aux appétits de grandes orgues

une main d’effeuillaison qu’accueillent les sept femmes qui accompagnent la féminine hydre dans l’oubli double de la rose

une jambe étrangère une biche et un saule qui bravent le vent la corrosion et les cyclones
une tendresse de ressuscité dans les feuillets de l’enfance et des larmes épisodiques d’être heureux

mémoires d’Ève et de tous les fruits défendus d’acajou ou d’églantiers en abats de pierres au milieu de la ville
ma Ville d’ardentes fleurs dans des larmes mal versées

Adam de tous les continents arraché dans des allégories ou l’écart d’une plante
comme l’aire d’une feuille où s’étale ma femme dans le silence

ma seconde fille aux yeux d’amande et de vie m’a rassuré du temps de la besace de l’amoncellement des heures et de la solitude des cœurs mais la première aux longues tresses noires de nuit d’hiver m’a tant appris

le geste d’aimer

le geste essentiel du peintre ramolli dans la peinture de l’homme préposé au gouvernail de la barque aux scarabées

ô belles aux bouches bées d’allégresse Ô fauves belles de nuit
amantes chaudes dévorantes aux petits pieds

est-il aussi écrit que j’accepte d’exister dans l’infini de celles qui accueillent et accompagnent les arbres et le phoenix le daim et la rosée l’Aïeul tatoué comme une icône

dix mille vingt mille cent mille se lèveront comme un seul homme à la conquête de la faim la soif la liberté

du triomphe des peuples sans souvenirs ni paroles

Laval, 21 septembre 2007




BÔ KAY NOU


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