Mise à jour le 5 septembre
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Jeudi 21 septembre 2017 10:27 (Paris)

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Les Faux-Monnayeurs

Celui qui a dit «  je voudrais écrire un roman...impossible en littérature » devrait séjourner chez nous. Tant la vie politique nationale ressemble à ces longs récits dont on ne compte plus les rebondissements.

Texte proposé par Roody Edme
Croquis de Jean Anouilh

A moins qu’il ne s’agisse comme dans le chœur d’Antigone de Jean Anouilh « d’une tragédie reposante, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir, qu’on est pris enfin comme un rat, avec tout le ciel sur son dos » et j’ajouterai l’enfer avec !

Chaque soir des visages grimés viennent nous raconter à la télévision que la politique n’est pas une affaire de saints et que tous les coups sont permis, y compris au bas du nombril. C’est à se demander, si le diable lui-même s’y reconnaîtrait. Comme le rapporte le synopsis d’un film projeté ces jours-ci dans un ciné-club de la ville «  il n’est nullement besoin de balle pour assassiner un leader ».

En tout cas, le cas de madame Pierre-Louis atteste que malgré notre sous-développement en termes d’infrastructures, nous vivons pleinement l’époque de la « cyberguerre ».

Cela n’est pas nouveau, mais quand sur cette base, certains élus du peuple, pour qui nous professons un profond respect, veulent amener cette dame à Canossa...alors que le pape lui-même se frappe la coulpe, pour demander pardon pour les insoutenables faiblesses de l’Eglise ; on peut parler d’une certaine grandeur à Rome, alors qu’à Port-au-Prince on se croirait enfermer dans je ne sais quel chapitre « d’au nom de la Rose » d’Umberto Eco.

Madame Duvivier Pierre-Louis doit retrousser sa jupe comme savent le faire nos paysannes pour traverser cette conjoncture boueuse et l’on doit espérer qu’après cette descente aux enfers, elle ne perde pas son âme.

Car, il y une certaine manière de concevoir la politique qui rappelle « l’initiation » des sociétés secrètes qui hantaient nos nuits à la petite enfance et qu’il ne fallait pas, selon la légende croiser à certains carrefours.

C’est comme cela qu’on aide à fabriquer les fauves de notre landernau politique de Mabial à Duvalier, en passant par le « character assasination » que subit une époque le père Aristide.

Si aujourd’hui, elle doit montrer patte blanche pour entrer à la primature, une fois à l’intérieur, Madame Pierre-Louis pourra se transformer en louve et ce sera « business as usual », c’est un job qui, parait-il, jure avec l’authenticité, « on ne souhaite pas qu’elle mente, mais qu’elle démente » aurait dit un sénateur.

En Angleterre, on n’aurait pas reproché à Lady Diana d’avoir eu un amant, mais de l’avoir exhibé en public. Chez nous nos politiciens sont comme des boxeurs qui doivent savoir encaisser pour pouvoir un jour rendre coups pour coups.

Ce n’est pas me direz-vous une affaire strictement haïtienne et j’en conviendrai avec cet ami guinéen du Parti du Président Sékou Touré qui m’avait confié lors d’un séminaire à Paris : « En politique, c’est comme dans la jungle, ou tu bouffes ou tu es bouffé ».

Sauf qu’on parle de nos jours de faire la politique autrement et, qu’on n’a ni le temps ni l’argent pour noyer le poisson comme savent le faire certains lobbys et réseaux aux Etats-Unis en période de « campagne » électorale dans le sens militaire du terme.

Le commun des mortels ne comprend pas pourquoi on fait durer sa pénible agonie. Si c’est une affaire de susceptibilité de chefs de parti, cela devait pouvoir se régler rapidement. Le président peut les rencontrer pour les informer des accords trouvés avec leurs « élus » entre la ratification et la présentation de politique générale.

Monsieur Préval qui a discuté pendant trois mois avec les chefs de partis ne devait pas avoir de problèmes pour trouver une entente. En tant que principal responsable d’un Etat faible, il doit savoir que la maladie infantile de la politique haïtienne est la capacité de nuisance de la minorité.

«  Li fasil pou gate manje a, si ou pa ladan’l »...c’est une vérité de la palisse.

Le président devait aussi se garder de certaines déclarations rapportées par certains de ses convives. On se demande ce qui est vrai du faux, ou s’il s’agit de l’anti-prévalisme pavlovien auquel nous a habitué certains opposants à son régime.

En attendant certains « faux monnayeurs » de la politique, au nom de cette « science » qu’ils maîtrisent jouent au ping pong avec l’avenir d’un peuple. Un peuple plus proche de Gavroche et des mineurs de Germinal que des personnages de Beckett qui attendent indéfiniment Godot.




BÔ KAY NOU


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